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Au milieu du ring d’Eurogénétique

10
avr
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Classé dans Exposition.

Le cadeau semblait trop beau, au risque d'être empoisonné : confier à un membre de l'équipe fondatrice d'Eurogénétique, ancien directeur-adjoint de l'Expo auprès de Pierre Morel, le soin de juger le concours prim'holstein. De quoi "stresser" Claude Charles. Mais, par chance, ce fut un stress positif explique-t-il ici. F. Carfantan.

 

Quand Claude Ballan, président d'Eurogénétique m'a proposé de juger le concours prim'holstein, j'ai d'abord été surpris. La tradition depuis 1989 a toujours été d'alterner un juge étranger (le Québécois Claude Lafrance en premier) et un juge Français "hors zone". Etant retiré de l'organisation, j'ai néanmoins accepté.

La veille et le matin du concours, j'ai eu tout loisir de ruminer ma décision. Mais, comme toujours dans ce genre de situation, une fois la 1ère section entrée sur le ring, rien n'existe plus, ni avant, ni autour. Seules les musiques qui accompagnent la proclamation des résultats sont audibles. J'étais tellement concentré que je ne "reconnaissais" pas les vaches sur le ring. Comme je me l'étais promis, je me limitais à les comparer entre elles.

Je me doutais bien que j'allais vers un concours ouvert. Je savais que je découvrirais des championnes plutôt que confirmer des vaches connues. La grande championne n'était pas la plus connue, et elle avait surtout brillé à Bordeaux, loin d'Epinal. Tous ceux qui ont jugé savent d'ailleurs que le juge est loin d'être influencé par l'historique de la vache, par son propriétaire ou par son origine paternelle.

Dans ma préparation d'avant concours, je m'étais fixé comme objectif d'aller chercher le type de vaches que j'aime. J'ai essayé d'être le plus régulier possible, de me fixer une ligne de conduite comme on dit souvent. Sans me refuser de récompenser telle ou telle vache atypique mais de grande qualité.

Sept heures après que la "cadette'" Galine EHB soit entrée sur le ring et alors que GHP Brainville venait d'être sacrée grande championne, le défilé des animaux reprenait dans ma tête. Je revoyais certaines jeunes vaches trop frêles qui manquent de force laitière comme on dit au Canada. De solidité laitière comme on préfère dire en France. Alors que, pour durer longtemps, une vache doit pouvoir compter sur la qualité de son dos, la largeur et la profondeur de sa poitrine.

Le plaisir du juge c'est d'ailleurs de trouver le type de vaches auquel il croit et de le mettre en avant. De privilégier des vaches puissantes à des vaches au caractère laitier trop prononcé, au risque d'être fragiles. La fonction du juge c'est de distinguer des championnes aussi proches que possible de la vache souhaitée par tous.

 

 Ci-dessous, le  juge commente son choix : le volet "pédagogique" de la fonction.