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Au Space, prime à la vache fonctionnelle

18
sept
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Classé dans Exposition.

"A sa façon d'observer les vaches, on voit bien qu'elle a l'habitude de traire". Depuis le ring du Space, Mélanie Boulet n'a pu entendre ce commentaire d'un spectateur dans les tribunes. Mais il qualifie bien le travail, discret et précis, de la juge Québécoise du concours Prim'holstein Atlantique. Bien secondée par sa sœur Johanne.

 

Le tandem des sœurs Boulet a succédé à celui des frères Beltramino. Le ringman l'an dernier et la ringwoman cette année avaient été directement choisis par le juge, en raison de leurs affinités dans l'appréciation des animaux. Une nouvelle fois, comme en Suisse avec Martin Kipfer ou à Eurogénétique avec Vanessa Röthenmund, le bon fonctionnement du duo juge et assistant a montré son utilité dans le succès des opérations de classement.

 

Au Space, tout au long de la journée, Mélanie Boulet a mis en avant les animaux présentant beaucoup d'harmonie générale, bien proportionnés. "Bien balancés" selon la formule habituelle au Canada. Quand deux vaches étaient très proches, celle qui exprimait le plus de potentiel laitier l'emportait.

 

Autre indice de la priorité donnée à la vache fonctionnelle, l'attention portée à la mamelle. En sections, à 16 reprises, la même vache était à la fois 1ère et meilleure mamelle. Contre deux fois 2e de la catégorie. Confirmation aux championnats : les meilleures mamelles espoir et jeune sont aussi championnes espoir et jeune ; la meilleure mamelle adulte est réserve championne adulte.

 

Mélanie Boulet a par ailleurs beaucoup insisté sur la locomotion, facteur de longévité mais également utile au quotidien pour des vaches "faciles à vivre". En adultes, après avoir présélectionné trois ou quatre vaches, elle les invitait à effectuer un tour supplémentaire avant d'établir son classement final de la section.

 

Ces belles championnes ont suscité l'intérêt de visiteurs étrangers. Deux d'entre elles sont parties pour la Suisse et l'Italie. Sans doute avec Colmar 2016 et le championnat d'Europe holstein en ligne de mire.

 

Melanie et Johanna BouletCi-contre, Mélanie la juge (à gauche) et Johanne son assistante. Aucune fausse note pour le duo des soeurs Boulet.

Photo Jean-Luc Cucheval.

 

 

 

 

 

 

 

Mélanie Boulet juge de la journée prim’holstein du Space

23
mai
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Classé dans Exposition, Sélection.

Quatre nouveautés pour les concours des races laitières du Space. Tout d'abord, la traditionnelle journée génétique normande du mardi est reportée…au mercredi. Le même jour, "Convention Evolution" sur les innovations en sélection et reproduction. La nouvelle entreprise de sélection proposera, sur le grand ring, témoignages d'éleveurs, interventions de techniciens et présentation d'animaux.

 

Le jeudi, tout pour la prim'holstein. La 1ère section entrera en piste à 8h30 et la grande championne sera désignée à 18h. Les championnes espoir, jeune et adulte, seront connues au long de la journée, à l'issue des sections de leurs catégories d'âges. L'intensité y perdra, par rapport à l'ancien système. En deux heures : trois prix de meilleure mamelle, trois prix de championnat, trois prix de réserve et le titre de grande championne étaient attribués. Sans temps morts.

 

Mais les gagnants seront les éleveurs et les clippers moins sollicités. Le juge qui n'aura plus la désagréable surprise de voir une première du mercredi arriver moins "fringante" le jeudi pour la finale. Les visiteurs qui repartiront avec une vue d'ensemble du concours. Quant aux vaches, elles ne subiront pas le stress d'une seconde préparation.

 

Pour la première fois également, une femme est invitée à juger le concours Prim'holstein Atlantique. Il s'agit de Mélanie Boulet, Québec, qui a jugé le Show Open Génisses de Saint-Etienne l'an dernier, et le concours red holstein de la Swiss'Expo en 2008.

 

Mel BouletMélanie Boulet (photo ci-contre) et son conjoint Martin Lacroix élèvent un troupeau d'une centaine de laitières, porteur du préfixe Arcroix. Dans la région de Bellechasse, à 50 km de la ville de Québec. Ils ont reçu le titre de "Maître-Eleveur" en 2009.

 

Sur le ring du Space, Mélanie Boulet sera accompagnée de sa sœur Johanne, par ailleurs gérante des Encans Boulet. Leurs frères sont également bien connus dans l'élevage. Simon est resté sur la ferme familiale, préfixe Boulet. Pierre est à la fois encanteur et éleveur, régulièrement présent sur les concours avec des animaux porteurs du préfixe Pierstein.

Photo de Mélanie Boulet, par Mario Picard, "Le Coopérateur agricole".

 

 

 

Tous ensemble, tous ensemble, tous…

11
oct
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Classé dans Exposition.

"Tous ensemble" pourrait être le slogan de la manifestation …d'élevage organisée à Vesoul fin septembre, par et pour les races bovines de Haute-Saône.

Elles étaient toutes là. Montbéliardes et prim'holstein, mais aussi vosgiennes et charolaises. Les sections et prix des concours laitiers, disputés en alternance, ont permis à chacun de mieux connaître le travail de ses collègues, élevant d'autres races mais exerçant le même métier. Une occasion unique d'embrasser, le même jour, sur un même site et avec la même mise en scène, la diversité de l'élevage du département.

Un tel contexte favorise la convivialité davantage que la rivalité. Sans nuire au professionnalisme car nul ne veut se montrer inférieur à sa réputation. En prime, l'obligation d'un spectacle de qualité face au grand nombre de visiteurs.

Florent Chapon et Maxime Mermety ont parfaitement joué le jeu. En prim'holstein, Florent Chapon a désigné Brodeuse (Valparesis) au Gaec du Cerisier championne adulte. Bien adossé à sa double compétence d'éleveur et de technicien de l'Ain, il a fait passer ses messages techniques avec conviction et pédagogie.

Il revenait à Maxime Mermety d'animer le concours le plus fourni. Tout au long de la  journée, il a su capter l'attention du public avec talent.

Ce jeune juge montbéliard s'est frotté à d'autres races en Angleterre et en Nouvelle-Zélande puis est revenu en Haute-Savoie toujours plus passionné de la montbéliarde. La grande championne qu'il a désignée termine l'année comme elle l'a commencée : en "Beauté". De Paris à Vesoul en passant par Eurogénétique et Montbéliard Prestige, Beauté (Micmac) à Jean-Pierre Gutknecht a, en effet, tout remporté en 2012.

Cette fête de l'élevage s'est déroulée les 29 et 30 septembre au Parc-des-Expositions de Vesoul ouvert cette année, en lieu et place d'anciens locaux industriels. Un site susceptible d'accueillir sous un même toit épreuves de jugement et stands d'exposants, à la plus grande satisfaction du public venu en nombre. Notamment le samedi, pour une journée non-stop de 8h à 22h, encore prolongée auprès d'un buffet et sur la piste de danse. Une pointe de 4 000 visiteurs a été enregistrée autour de 20h le premier jour. Des ruraux mais aussi des urbains. Tous ensemble.

Jour de fête de l'élevage à Vesoul, Haute-Saône.

 

Au milieu du ring d’Eurogénétique

10
avr
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Classé dans Exposition.

Le cadeau semblait trop beau, au risque d'être empoisonné : confier à un membre de l'équipe fondatrice d'Eurogénétique, ancien directeur-adjoint de l'Expo auprès de Pierre Morel, le soin de juger le concours prim'holstein. De quoi "stresser" Claude Charles. Mais, par chance, ce fut un stress positif explique-t-il ici. F. Carfantan.

 

Quand Claude Ballan, président d'Eurogénétique m'a proposé de juger le concours prim'holstein, j'ai d'abord été surpris. La tradition depuis 1989 a toujours été d'alterner un juge étranger (le Québécois Claude Lafrance en premier) et un juge Français "hors zone". Etant retiré de l'organisation, j'ai néanmoins accepté.

La veille et le matin du concours, j'ai eu tout loisir de ruminer ma décision. Mais, comme toujours dans ce genre de situation, une fois la 1ère section entrée sur le ring, rien n'existe plus, ni avant, ni autour. Seules les musiques qui accompagnent la proclamation des résultats sont audibles. J'étais tellement concentré que je ne "reconnaissais" pas les vaches sur le ring. Comme je me l'étais promis, je me limitais à les comparer entre elles.

Je me doutais bien que j'allais vers un concours ouvert. Je savais que je découvrirais des championnes plutôt que confirmer des vaches connues. La grande championne n'était pas la plus connue, et elle avait surtout brillé à Bordeaux, loin d'Epinal. Tous ceux qui ont jugé savent d'ailleurs que le juge est loin d'être influencé par l'historique de la vache, par son propriétaire ou par son origine paternelle.

Dans ma préparation d'avant concours, je m'étais fixé comme objectif d'aller chercher le type de vaches que j'aime. J'ai essayé d'être le plus régulier possible, de me fixer une ligne de conduite comme on dit souvent. Sans me refuser de récompenser telle ou telle vache atypique mais de grande qualité.

Sept heures après que la "cadette'" Galine EHB soit entrée sur le ring et alors que GHP Brainville venait d'être sacrée grande championne, le défilé des animaux reprenait dans ma tête. Je revoyais certaines jeunes vaches trop frêles qui manquent de force laitière comme on dit au Canada. De solidité laitière comme on préfère dire en France. Alors que, pour durer longtemps, une vache doit pouvoir compter sur la qualité de son dos, la largeur et la profondeur de sa poitrine.

Le plaisir du juge c'est d'ailleurs de trouver le type de vaches auquel il croit et de le mettre en avant. De privilégier des vaches puissantes à des vaches au caractère laitier trop prononcé, au risque d'être fragiles. La fonction du juge c'est de distinguer des championnes aussi proches que possible de la vache souhaitée par tous.

 

 Ci-dessous, le  juge commente son choix : le volet "pédagogique" de la fonction.